La robotisation sera-t-elle réellement à l’origine de la perte de millions d’emplois ?

Le magazine économique américain Forbes a récemment publié un article annonçant que l’établissement Californien Café X ne faisait désormais plus préparer son café par des baristas barbus branchés, mais bien par un robot.

La robotisation sera-t-elle réellement à l’origine de la perte de millions d’emplois ?

De quoi apporter de l'eau au moulin de ceux qui affirment que la robotisation sera à l’origine de la perte de millions d’emplois. À cet égard, le monde se clive de plus en plus entre ceux qui affirment que les robots nuisent à l’emploi et ceux qui affirment que c’est dans les pays dans lesquels la robotisation est apparue le plus tôt que le taux de chômage est le plus bas.

Frank Van Massenhove s’est également intéressé à la question dans un article d’opinion paru dans l’édition de De Tijd du 11 février. En ces temps d’incertitude, il n’est de toute évidence pas possible de faire des pronostics, mais le sujet ne manquera assurément pas de faire encore couler beaucoup d’encre.

 

Fabian Dekker, sociologue néerlandais du travail à l’université Erasmus, à Rotterdam, fait partie de ceux qui ne supportent pas d’entendre dire que les robots vont être à l’origine de licenciements massifs.

« Ces affirmations instillent inutilement la peur chez les travailleurs », prétend-il dans un article paru dans Socio-Economic Review. « Les robots ne font pas que supprimer des emplois, ils sont aussi à l’origine de la création de nouveaux postes. Il faut en finir avec ces discussions tranchées et voir comment les groupes de travailleurs menacés pourraient quand même être maintenus. »

 

F. Dekker affirme par ailleurs que tout ce battage dans la presse ne peut occulter le fait que les employeurs sont encore peu enclins à investir dans des robots ultra-coûteux. « Seulement 1 % des employeurs ont introduit un robot sur le lieu de travail ces deux dernières années. Et ce fait passe sous silence... Nous devons permettre au public de faire connaissance avec les robots afin de mettre un terme à cette peur, qui, naturellement, est la plus prégnante dans les pays qui ont une situation économique moins favorable. Une enquête qu’il a menée dans vingt pays démontre que cette peur est moins présente chez les personnes qui ont déjà travaillé avec des robots. « Un robot ou une machine n’est jamais en mesure d’assumer toutes les tâches », argue-t-il encore. « En combinant intelligemment les tâches restantes, on crée de nouvelles fonctions. »

Vendredi 17 Mars 2017 om 15:0

Geert Degrande