Connected Living et Smart Cities

Le monde du travail va connaître une mutation fondamentale. On s’accorde de plus en plus à penser que les emplois sous leur forme actuelle vont disparaître. D’après Chris Raman, qui a transformé à Gand l’entreprise Ajuinlei 1 en un incubateur axé sur l’Internet of Things, cela n’affectera pas le nombre d’emplois: « La voiture autonome, par exemple, va nous obliger à repenser entièrement le développement des villes et à créer des emplois, notamment dans le secteur de l’urbanisme».

Connected Living et Smart Cities

INSÉCURITÉ ET DOUTES
La vitesse a bouleversé le monde et continue d’engendrer des transformations.
Chez de nombreuses personnes, ces changements génèrent un sentiment de peur, d’incertitude et de doute. Dans plusieurs conférences récentes, le traqueur de tendances Herman Konings a souligné que ce sentiment influe considérablement sur nos habitudes de consommation et notre manière de travailler. A cause de ce sentiment d’incertitude et d’insécurité, les consommateurs ont modifié leur comportement d’achat et veulent davantage de contact humain. En réaction à la progression du numérique, on assiste ainsi au retour de l’analogique.
Toutefois, d’après lui et d’autres experts on ne pourra pas empêcher que demain les robots remplissent des fonctions actuellement occupées par des humains.

 

VIVRE CONNECTÉ
Le recours toujours plus important à des robots est un facteur de craintes. Ces peurs sont en grande partie infondées, car la robotisation n’aura pas d’incidence sur le nombre d’emplois. En effet, l’avènement d’une société toujours plus connectée (connected living) provoquera une augmentation sensible de la demande en matière de connaissances spécifiques. En 2005, dans son célèbre discours de Stanford, Steve Jobs a rappelé combien il lui semblait important de conserver notre part de folie et de rester curieux de tout : Stay hungry. Stay foolish ! Toutefois dans ce discours, il a également évoqué l’importance de vivre connecté. C’était là une pensée visionnaire, car le mot « connecté » est sans doute devenu le mot clé du XXIe siècle. Nous envoyons 180 milliards d’emails par jour à travers le monde. Selon les prévisions, en 2018, le monde comptera 25 milliards d’appareils connectés et 4,5 milliards de smartphones. On peut voir aujourd’hui déjà comment cette technologie facilite notre vie. Les voitures connectées, les appareils intelligents et la domotique ne sont qu’un début. Plus les applications et les appareils seront connectés en réseau, plus il sera possible de réduire la consommation d’énergie et de réaliser des économies.

 

DES POTENTIALITÉS IMMENSES
l’Internet des Objets ce n’est pas de la science-fiction. Le concept de société connectée permet de connecter en permanence notre travail et nos lieux de vie.
Aujourd’hui, nous assistons à la mise en place de cette réalité qui se traduit notamment par la nécessité de recruter des spécialistes capables d’intégrer tous ces éléments du quotidien. «Les dernières évolutions offrent d’immenses potentialités », confirme l’entrepreneur Chris Raman.
«Quelques exemples : selon PwC, le mHealth permettrait d’économiser pas moins de 400 milliards de dollars dans les pays de l’OCDE, tandis que les compteurs d’énergie intelligents pourraient réduire les émissions de CO2 de manière considérable.
» Dès lors, Chris Raman est très optimiste pour l’avenir : « Il faudra toutefois éviter de tomber dans le péché d’orgueil. Ce serait un non-sens d’un point de vue économique car, au cours des prochaines années, la croissance au sens traditionnel du mot sera très faible. Nous vivons une période de transition qui débouchera sur une réalité économique totalement inédite ».

 

NOUVELLES FORMES DE COLLABORATION
Selon Chris Raman, l’heure est venue d’inventer de nouvelles formes de collaboration : «Cela se fera par la mise en place d’une collaboration 3.0 permettant de dépasser les frontières intersectorielles traditionnelles pour explorer de nouvelles façons de penser. C’est une forme de collaboration fondée sur la pollinisation croisée.
Imaginons, par exemple, que des penseurs et des artistes apportent leur créativité aux hommes d’affaires. Ce mouvement est déjà en marche. Des banques très traditionnalistes comme la Royal Bank of Scotland se sont ainsi rendu compte qu’elles n’avaient pas seulement besoin de comptables ou d’économistes, mais aussi de philosophes.
Et il n’est pas fortuit que Peter Hinssen et Steven Van Belleghem, les fondateurs de Nexxworks, se soient fixés pour objectif d’insuffler l’esprit start-up aux multinationales.
C’est aussi pourquoi nous avons créé Ajuinlei 1, un incubateur d’entreprises pouvant accueillir une vingtaine d’entreprises au sein d’un espace de travail collaboratif.
Ajuinlei 1 est une pépinière d’entreprises ouverte notamment aux créateurs de jeux vidéo, designers, réalisateurs de films et de documentaires, plasticiens, poètes et écrivains et qui offre un accès aux dernières technologies développées par Google, Apple, Philips et d’autres entreprises ».

 

ÉCHANGES CRÉATIFS ET VILLES INTELLIGENTES
Ajuinlei 1 est l’un des premiers espaces de travail collaboratif en Europe conçus sur le modèle des coworking spaces de la Silicon Valley qui ont pour but de favoriser les échanges entre les entreprises traditionnelles, les start-ups et le secteur de la création.
D’après Raman, ce type d’espaces devrait se multiplier dans les villes intelligentes de demain. « Une enquête réalisée lors du dernier Forum économique mondial, qui réunit chaque année les décideurs de la planète à Davos, révèle que le concept de voiture autonome est déjà bien accepté dans le monde entier et que les urbanistes, notamment à Göteborg et Singapour, intègrent déjà cette donnée dans les futurs projets d’urbanisation. Il apparaît de plus en plus clairement que tout est affaire d’interconnexion. Les jeunes diplômés qui parviendront à développer cette interconnexion seront promis à un avenir radieux. Ceux qui se seront spécialisés dans la conception de villes intelligentes et l’Internet des Objets ne devraient pas manquer de travail. C’est précisément parce qu’il nous faut impérativement développer des connexions entre pensée numérique et pensée analogique que les jeunes créateurs peuvent aujourd’hui aborder l’avenir avec sérénité. Le besoin de mettre en place des pollinisations croisées entre spécialistes du numérique, philosophes et créateurs se fera sentir de manière toujours plus criante ».

Maandag 29 Augustus 2016 om 20:30

Geert Degrande

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