Créer son entreprise: mode d’emploi

La création d’entreprises va bon train en Belgique. De plus en plus de jeunes veulent créer leur entreprise et devenir ainsi leur propre patron. Nous avons rencontré Karel Van Eetvelt, l’administrateur délégué d’UNIZO, pour évoquer la réalité des travailleurs indépendants au quotidien, les chances de réussite des jeunes entrepreneurs et le X-factor de la création d’entreprise.

Créer son entreprise: mode d’emploi

Si vous êtes pris par une envie irrésistible de créer votre entreprise, il ne faut pas hésiter un instant. C’est du moins le credo de Karel Van Eetvelt, l’administrateur délégué d’UNIZO, le pendant flamand de l’UCM, un ardent défenseur de l’esprit d’entreprise. Karel Van Eetvelt : «Aujourd’hui les créateurs d’entreprise sont bien accompagnés et encadrés. Grâce à une série d’initiatives, il est devenu plus facile de proposer des services ou des produits, et de transformer une bonne idée en une entreprise florissante. Grâce au guichet «entreprise » et aux organisations qui proposent une aide pour l’élaboration du business plan ou un accompagnement, le créateur d’entreprise est mieux encadré. Toutefois, il faut être bien conscient que créer et gérer une entreprise est devenu plus difficile qu’il y a 10 ans. Aujourd’hui, le candidat entrepreneur est tenu de respecter des nombreuses obligations et règlementations. Les choses sont devenues plus complexes. En outre, tout évolue beaucoup plus rapidement, y compris dans le monde de l’entreprise. Il se peut que le temps de la mettre en oeuvre, une idée soit déjà dépassée.»


X-FACTOR
Si tout le monde peut avoir un jour l’envie de monter son entreprise, Karel Van Eetvelt tient à rappeler que la réussite est une question de talent et de passion, mais aussi et avant tout de caractère. Karel Van Eetvelt: « Etre chef d’entreprise c’est une question de tempérament et de caractère. Il faut être à la fois obstiné et flexible. Je ne sais pas si ce profil existe vraiment ( sourire). Je veux simplement dire qu’un entrepreneur doit pouvoir faire preuve d’une grande persévérance, il doit avoir l’énergie et les ressources nécessaires pour persévérer dans les moments difficiles. Pour réussir dans les affaires, il faut être un peu têtu et obstiné. Lorsque je rencontre des entrepreneurs, ce qui me frappe avant tout, c’est leur passion. Ils croient dur comme fer dans leur projet et veulent à tout prix réaliser leur rêve. On ne peut pas mesurer la passion, mais c’est un élément fondamental. C’est un peu l’X-Factor de l’entrepreneur. C’est la passion qui vous amène à vous dépasser pour obtenir le résultat espéré. En tant qu’entrepreneur, il ne faut pas ménager ses efforts, ni compter ses heures. S’investir à 100 %, ce n’est pas suffisant. Il faut aussi savoir faire preuve de flexibilité pour réussir dans le monde actuel. En effet, il n’est pas exclu que le produit ou le service que vous proposez aujourd’hui devienne complètement obsolète dans quelques années».


TOUT LE MONDE SUR LE PONT!
UNIZO ne ménage pas ses efforts pour aider les jeunes entrepreneurs à créer leur entreprise. Karel Van Eetvelt : « Nous essayons avant tout de présenter les côtés positifs et plaisants de la création d’entreprise. Créer son entreprise, c’est une excellente idée. Nous voulons à travers des témoignages positifs convaincre les jeunes qui hésitent encore à franchir le pas. Par ailleurs, nous mettons en valeur des jeunes entrepreneurs qui ont réussi, nous proposons un accompagnement aux jeunes qui veulent créer leur entreprise, nous réalisons des études de faisabilité, etc. Nous réalisons également régulièrement des enquêtes sur la création d’entreprises. Selon notre enquête la plus récente, 40% des jeunes de 16 ans que nous avons interrogés ont déclaré qu’ils envisageaient de créer un jour leur propre entreprise. C’est un chiffre très encourageant. Aujourd’hui, les gens ont à nouveau envie d’entreprendre et de créer leur entreprise, c’est incontestable».


TAUX DE RÉUSSITE
Avant de se lancer dans la création d’une entreprise, il n’est peut-être pas inutile de se renseigner sur le taux de réussite. UNIZO a mené son enquête. Karel Van Eetvelt : « Les entreprises qui évoluent dans des environnements plus protégés ont davantage de chances de perdurer. C’est le cas par exemple pour les professions libérales du secteur juridique (avocats, huissier, etc.), mais aussi les professions médicales, notamment dans le secteur des soins de santé. Par contre, pour d’autres professions libérales, notamment la profession d’architecte, le taux de réussite est moindre. Les activités liées à la fabrication de produits réalisent de bons chiffres. L’horeca est le secteur où le taux de réussite est le plus faible. C’est aussi logique, car c’est un secteur où la concurrence est impitoyable et où les marges bénéficiaires sont particulièrement faibles. L’horeca, c’est avant tout une vocation ».


TROUVER LE BON CRÉNEAU
Pour réussir, il faut cibler le bon créneau, mais aussi éviter les pièges classiques dans lesquels une partie des jeunes entrepreneurs tombent facilement. Karel Van Eetvelt : « Le principal piège, c’est le manque de préparation et de réflexion. Nous recevons fréquemment des jeunes qui veulent monter leur entreprise. Lorsque nous leur demandons quel type d’activité ils envisagent de créer, certains nous répondent qu’ils ne savent pas. Ils veulent créer une entreprise, un point c’est tout. Il est évident que ce n’est pas la meilleure méthode pour réussir. Si vous ne savez pas ce que vous voulez faire, il est peu probable que vous soyez suffisamment passionné pour réaliser votre rêve. Par ailleurs, il faut aussi avoir le courage de se lancer. Trop de jeunes entrepreneurs se limitent à calculer leurs chances de réussite. A un moment donné, il faut franchir le pas et se lancer. Cela fait partie du jeu. On peut avoir un excellent business plan, un marché réel, un produit ou un service innovant, tout cela ne sert à rien s’il manque le courage de se lancer. Il faut cependant éviter d’investir des moyens dont on ne dispose pas. Il ne faut pas confondre prévisions et résultats. En outre, il faut être en permanence à l’écoute des clients. Si votre produit ou votre service ne répond pas aux attentes des clients, il est fort probable que votre entreprise ne survivra pas ».


CONTINUER À INNOVER
L’administrateur délégué d’UNIZO en est intimement convaincu : le critère le plus important pour réussir n’est pas un critère matériel. Karel Van Eetvelt : « Il faut oser aller au bout de ses rêves. C’est le facteur clé pour n’importe quel jeune qui veut créer son entreprise. Il faut ensuite être capable de réfléchir correctement et avoir un minimum le sens des affaires. On ne peut pas réussir seul. Il faut s’entourer des personnes qui connaissent très bien votre secteur d’activité, tirer profit de leur expérience et accepter d’être aidé ou conseillé. En ce qui concerne votre gamme de produits ou de services, il faut dès à présent vous mettre à la recherche de partenaires fiables susceptibles de faire évoluer votre gamme de produits ou de services. Récemment, je donnais une conférence à des agents de voyage. C’est un secteur qui connaît plus que jamais une forte concurrence. La créativité est la solution. Pourquoi ne pas collaborer avec un nutritionniste pour proposer des voyages bien-être personnalisés ? Pourquoi ne pas proposer des voyages associant détente, nourriture saine et régime ? Il faut partir de son portefeuille de produits et chercher des pollinisations croisées avec d’autres secteurs pour continuer à développer son activité. Bref, il faut chercher une niche pour proposer des produits ou services uniques ».

Maandag 14 Maart 2016 om 11:0

Pascal Dewulf

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