Numérisation / automatisation des emplois : votre travail est-il également menacé ?

Dans les années 60, d’éminents futurologues prévoyaient que nous circulerions tous dans des voitures volantes et individuelles au 21ème siècle. Vous aurez entre-temps remarqué qu’il n’en est rien. Toutefois, aujourd’hui, nous sommes (à nouveau) en proie à des tensions disruptives liées aux robots et à la numérisation des emplois pouvant semer le désordre dans notre vie (et au sein de notre monde professionnel). Vérité ou rumeurs ?

Numérisation / automatisation des emplois : votre travail est-il également menacé ?

Il ressort d’une étude récemment menée par la banque néerlandaise ING que le risque d’automatisation, et donc de disparition, touche 35% des emplois. Il était donc temps pour nous de demander l’avis d’un expert du travail auprès de Randstad, Jan Denys. Depuis des années, ce spécialiste suit le marché du travail de très près et ne se laisse séduire par les affirmations en matière d’emploi émises par les uns et les autres que quand elles sont aussi appuyées par des faits et des chiffres fiables.
Jan Denys : « La suppression d’emplois causée par les évolutions technologiques, telles que la numérisation et la robotisation, tourne actuellement autour de 2%, sur une base annuelle. En outre, la numérisation crée aussi de nouveaux jobs. Il convient dès lors de prendre avec des pincettes ces aspects consternants relatifs à l’effritement du marché de l’emploi en raison de la robotisation. »

 

Pas d’approximations

Ce point de départ ne semble tout d’abord pas fou, car le marché de l’emploi numérisé va également de pair avec la création de nouveaux emplois : designer gamification, spécialiste d’impressions 3D, dispatcher de drones (ça ne vous rappelle pas Amazon par hasard ?) ou encore deorganizer (personne qui remet sur le bon chemin les entreprises étant surorganisées sur le plan numérique). Jan Denys : « La numérisation engendre une efficacité supplémentaire. Ainsi, nous pouvons consacrer plus de temps à la croissance qui, à son tour, entraînera l’apparition de nouveaux emplois. Ajoutez à cela une série de jobs qui voient le jour grâce à la numérisation et obtenez un résultat plus positif. En effet, la numérisation peut mener à plus de trois cent mille nouveaux emplois d’ici 2020. Il ne s’agit pas là d’approximations, mais de la conclusion d’une étude réalisée, à la demande de Google, par le célèbre bureau d’enquêtes « The Boston Consulting Group » au sein du rapport « Digitizing Belgium ».

 

Pas de catastrophisme

Sur ce plan, Jan Denys envisage le futur de façon positive. Jan Denys : « Davis et Haltiwanger sont deux célèbres chercheurs américains qui ont étudié, sur une période de vingt-cinq ans, la destruction brute d’emploi en raison de la numérisation et de la robotisation (probablement en ce qui concerne le marché du travail américain). Il ressort de leurs analyses approfondies que très peu de pertes d’emploi ont eu lieu pendant cette période (indépendamment des baisses conjoncturelles). Au contraire, ils ont même constaté une hausse de la création d’emploi. Pour la Belgique, je possède des chiffres similaires. Nous pouvons nous imaginer, en ce qui concerne notre pays, que la tendance est analogue. Faisons dès lors en sorte de ne pas tomber dans le catastrophisme et concentrons-nous surtout sur les faits, les chiffres et les côtés positifs de la numérisation du marché du travail. »

Dinsdag 8 November 2016 om 15:0

Pascal Dewulf

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